Posted on: 16 juillet 2020 Posted by: Rock'in'Shake Comments: 0

La crise sanitaire liée au COVID-19 fait de l’été 2020 une saison blanche en termes de festivités et de temps forts culturels. Néanmoins, des initiatives sont lancées, à l’instar du Stereolux, en proposant des résidences. Ainsi, le duo ligérien 28Saphyr a pu profiter de la réouverture de la salle nantaise en participant à la première résidence, qui s’est tenue courant juin. C’est à l’issue de leur live de sortie de résidence que nous avons pu échanger avec Liz Cherhal et Morvan Prat, les membres du tandem.

“Trop confinés pour baiser”

Liz Cherhal : C’est un titre que l’on a fait au tout début du confinement. Il s’agit d’une reprise de “Too Drunk to Fuck”, des Dead Kennedys, que l’on a adapté en français. On a changé les paroles pour raconter notre histoire pendant le confinement, puisque nous n’étions pas confinés ensemble. Ce qui est très dommageable quand on est un couple qui s’aime. On a fait du coup ce clip à distance.

Morvan Prat : En fait, c’est un morceau qu’on avait commencé à envisager en la francisant, tout en gardant cet esprit initial. Et le confinement arrivant, nous nous sommes lancés. Puis, du coup, on va le jouer en live.

Liz : Dans notre concert d’1h15, ce titre va en effet faire partie de notre set.

Nantes

Liz : Nous sommes Rezéens. Néanmoins, quand on se balade en France et qu’on nous demande d’où l’on vient, on ne dit pas que l’on vient de Rezé, mais de Nantes en général.

Morvan : C’est une ville qui a une bonne réputation. Professionnellement, on a les moyens de faire pleins de choses.

Liz : On a de bons partenaires professionnels, comme là le Stereolux pour notre résidence, la salle Paul Fort et la Bouche d’Air. C’est bien d’être un musicien à Nantes, il y a pleins de choses, avec des structures qui accueillent, qui aident et qui organisent.

Morvan : Il n’y a qu’un seul problème, c’est qu’il y a beaucoup trop de groupes. Trop de concurrence ! (Rires)

Concert en salle ou festival ?

Morvan & Liz : On prend tout !

Liz : Avec 28Saphyr, on a joué dans des cafés-concerts, dans une salle rock à Rennes ou encore un festival en janvier dernier.

Morvan : Effectivement ! Le fait de mener ce projet-là que tous les deux vient aussi l’envie de pouvoir s’adapter à des contextes différents, sans trop de contraintes techniques.

Liz : On peut jouer en café-concert, en extérieur, en salle assise ou debout. On avait envie de faire un concert qui ne soit pas contraignant, qui nous n’impose pas un type de salle ou un type de public, c’est hyper large. Parce qu’il faut savoir que tous les accessoires que l’on voit sur scène rentrent dans notre voiture personnelle. On a réfléchi pour pouvoir être en autonomie le plus possible, afin de jouer partout et répondre ainsi à toutes les demandes. Dernièrement, on a eu une demande pour jouer dans le salon d’une maison, à Rezé. On est arrivés avec notre sono et on l’a fait !

Morvan : C’est ça aussi qui est intéressant de ne pas faire toujours la même chose. Quand tu joues dans des contextes différents, la soirée et le concert le sont tout autant.

Liz : C’est une volonté, au-delà de notre amour, de rester que deux sur scène, pour pouvoir vraiment intervenir dans n’importe quelles circonstances. Tu nous appelles la veille pour le demain, si on n’a pas un anniversaire, on part !

Studio ou live ?

Morvan : Les deux sont plaisants, mais n’ont rien à voir. D’un point de vue live, on fait nos chansons de façon un peu brute, où l’on fait prévaloir le côté humain, scénique. On a envie de rire.

Liz : On a envie de divertir. L’important, c’est la vie, ce que l’on partage avec les gens qui sont là. On veut faire passer un bon moment.

Morvan : Du point de vue du studio, on a confié nos morceaux à DJ Atom (qui est un des quatre C2C). Pour le coup, il nous fait une production bien léchée.

Liz : Une production plus électro que ce que l’on fait en live.

Morvan : On a eu l’idée de bosser avec ce mec-là que l’on ne connaissait pas, à part de réputation. Le courant est super bien passé et on lui a confié un premier titre. Au final, il en fait cinq pour nous. On va aboutir à un EP qui va sortir à la rentrée, vers septembre-octobre 2020. On a trois morceaux qui sont finalisés et on va finir les deux autres en juillet.

            DJ Atom

Morvan : On s’était dit que l’on confierait bien nos morceaux à quelqu’un d’autre, parce que des fois, quand on travaille tous les deux, c’est moi qui réalise les chansons de Liz. Et vu que l’on travaille ensemble, on s’était dit qu’il fallait trouver une tierce personne. Personnellement, j’ai une culture rock et on réfléchissait à quelqu’un qui soit issu du milieu électro. C’était notre première idée. Pendant longtemps, j’habitais dans un quartier où j’avais un voisin qui s’appelle Gwen Delabarre, qui bossait beaucoup avec Dj Atom. Du coup, le premier nom électro qui m’est venu à l’esprit, c’est le sien. C’est un bon partenaire, un chouette gars. On a eu du bol parce que l’on n’avait pas une liste à rallonge de gars avec qui bosser dans le milieu !

28Saphyr

Liz : Pourquoi ? On aimerait bien savoir !

Morvan : On a une chanson qui s’appelle “28Saphyr”. Pourquoi ? On a anticipé cette question. Mais ce titre ne répond absolument pas à la question !

Liz : Absolument pas ! En fait, on n’a pas vraiment de raison. Il n’y a pas d’histoire, pas de mythologie autour de ce nom. C’est vraiment un pur mot que l’on aime dire avec notre bouche. C’est un terme que j’aime bien dire 28Saphyr.

            La collaboration de rêve 

Morvan : C’est une question que je ne me suis pas posé.

Liz : J’ai une réponse, mais qui est vraiment personnelle : Nosfell.

Morvan : J’adhère ! C’est un Français, qui est un peu indéfinissable. Guitariste, excellent chanteur, qui s’est inventé un monde avec une langue à lui, qui a beaucoup tourné au départ avec un violoncelliste, en duo machines-violon-guitare. C’est quelqu’un de très créatif et de très personnel.

Résidence

Liz : On sort de cinq jours de résidence au Stereolux, principalement pour bosser sur notre son, sur la cohérence des séquences et des arrangements. On a aussi fait une création lumières. Avec notre équipe, Jérôme au son et Philippe à la lumière, ce sont des gens qui vont tourner avec nous quand on partira à quatre. C’est important, pour n’importe quel groupe, de pouvoir passer du temps dans une salle de spectacle, pour pouvoir bosser le show.

Morvan : Oui, parce que cela n’a rien à voir avec la sortie d’une répétition que de se confronter à la finalité de ce que l’on a envie de faire.

Liz : Du coup, avec le showcase que l’on a organisé ce matin (vendredi 12 juin, NDLR), c’était important de clôturer cette semaine par un bon petit coup de pression. C’est bien de travailler, mais c’est mieux d’avoir un vrai but précis.

Premier EP

Morvan : Et bien, un cinq titres en vue !

Liz : Il va sortir en vinyle et en digital.

Morvan : Oui, on ne va pas le sortir en CD, parce que l’on a envie d’en faire un bel objet. La plupart des gens écoutent la musique de manière dématérialisée. Donc l’objet nous tient particulièrement à cœur et quitte à faire un objet, autant opter pour le format vinyle, qui a plus de gueule que le CD.

Plus d’informations sur 28Saphyr via leur site web.